AUXILIA > Petite histoire de la Cohors I Aquitanorum

Petite histoire des Cohortes Aquitaines

et plus précisément celle de la

Cohors I Aquitanorum

© Pixures - Jacques Maréchal

(S.Lemoine / A. Tondeur)


Les provinces espagnoles ont été probablement celles de tout l'empire qui ont le plus contribué au recrutement d'auxiliaires pour l'infanterie.

- 8 cohortes en lusitania

- 12 cohortes des Asturias et Callaecia

- 5 cohortes de Bracara Augustanorum

- 8 autres de différentes tribus

- 6 autres étaient connues comme « hispanorum »

- 15 autres utilisent le nom d' »Hispani »

Soit un total de 54 unités !

Les unités d'infanteries « gauloises » semblent avoir été moins nombreuses :

- 5 en Aquitaine (on parle ici de l'aquitaine romaine)

- 15 en lyonnaise romaine

- 9 en Belgique romaine

Les Gaules furent surtout très « fertiles » en contingents d'hommes pour la cavalerie :

- 17 unités « contre » 12 unités en Espagne. La narbonnaise, elle, recrutait pour les légion, la province étant conquise depuis plus d' 1 siècle…. Ses habitants étaient citoyens romains.

Provincia Galliae aquitaniae

Les unités originaires de la Gaule Aquitaine ont toutes portées bien sûr le nom Aquitani, quelques fois accompagnés par celui de Bituriges…

Strabon décrit que les Aquitains étaient semblables aux espagnols tant au niveau de leur langage qu'au niveau de leur physique.

L'Aquitaine, très riche en ressources humaines, beaucoup de tribus y étaient installées dont la plupart était des Bituriges, et ses richesses ne concernant pas uniquement la richesse de son sol….

Selon Pline l'ancien, il y eu une tribu d'Aquitani qui donna son nom à la province : Gallia Aquitania.

Cette tribu semble avoir dominée les autres, les Santoni, les bituriges et les Arverni semblent toutefois libres contrairement à tous autres…

Claudius Ptolemaneus ne mentionne pas les « Aquitains « dans la description qu'il fait de la Gaule aquitaine, sans noter aussi les tribus libres où soumises… Il se contente de citer 17 tribus : les bituriges Vibisci autour de Bordeaux, les Bituriges Cubi autour de la loire, les Pictones, les Santones, les Tarbeli, les Limovici, les Cadurci, les Petrocori, les Nitiobridges, les Vassari, les Gabali, les Dati, les Ausci, les Arverni, les Velauni, Rutani, et Convenae…

Conrad Cichorius, recense 7 unités d'Aquitains :

- I Aquitanorum Veterana (Germanie)

- I Aquitanorum (Britannia)

- I Aquitanica, II Aquitanorum Equitata, III Aquitanorum Equitata civium Romanurum et Aquitanorum à Salona.


Il note aussi que la I Biturigum était connue sous le nom de la I Aquitanorum.


G.léonard Cheesman décèle une unité d'Aquitains en Britannia, quatre autres en Germanie supérieur et la I Biturigum en Germanie, constituée de 6 unités.

Le nom « Aquitani » semble plus faire référence à une situation géographique qu'à un groupe ethnique particulier.

5 cohortes ont été « levées » en Gaule aquitaine et seules deux cohortes étaient composées de Bituriges.


En résumé, on peut en déduire qu'il existait 5 unités connues à ce jour :

- I Aquitanorum (veterana) Sardaigne, Germanie supérieur, Britannia
- I Aquitanorum Biturigum Germanie, Germanie supérieur
- II Aquitanorum pia fidelis = II Biturigum Germanie, Germanie supérieur, Raetia
- III Aquitanorum equitata cR Sardaigne, Germanie, Germanie supérieur
- IIII Aquitanorum equitata cR Germanie, Germanie supérieur.





Cohors I Aquitanorum veterana


Roy Davies interprète une inscription sur un fragment retrouvé à Carrawburgh (AE 1966, 222) comme ceci :

Le nom de la cohors I Tungrorum qui y est inscrit et qui cantonne dans un fort sous le règne d'Adrien, a quelques difficultés à accepter une unité composée de mille hommes dans ce même fort alors que celui-ci était prévu pour 500 hommes.

Il se demande, au niveau du gouverneur cité sur le rapport de la cohors I Aquitanorum daté de 130/133 apJC (RIB 1550) et qui fait référence à un gouverneur (Sex.Iulius Se)v(er)us n'est pas le même que celui de l'unité citée plus haut ( fragment qui lui n'est pas daté) , mais qui porte le nom de Iulius Verus…

Il en conclu que ces deux unités ont « cohabités » dans le même fort placé sous le commandement du même gouverneur.


Dans sa thèse écrite en 1980 (B.A.R, Int.70), « the auxilia from Augustus to Trajan », Paul Horder nous décrit 3 stèles retrouvées en Sardaigne de soldats qui ont servis au sein d'une cohorte aquitaine durant le 1er siècle ap.JC. celui-ci supposait donc que cette cohorte était stationnée sur l'ile.
L'auteur semble avoir changé d'avis en 1982.Il suppose que ces vétérans ont finis leur vie en Sardaigne après avoir quitter leur unité.
De plus, il semblerait (d'après Mickael Jarrett, que l'unité en question n'est pas mentionnée avant 122 ap JC et que celle-ci était en exercice depuis toujours en Britannia (diploma 117-20).

De plus, il semblerait clairement que cette unité est participée à l'invasion de la « Bretagne bleue » sous Claude.

Denis Saddington suggère que le nom de la I Aquitanorum et celui de I Aquitanorum Bituriges sont bien des noms distincts appartenant à deux unités différentes donc (mais retrouvées toutes les deux sur le même diplôme).

D'après Slobodan Dusanic, la légion I Italica avec l'aide de une « ala » (cavalerie) et de deux cohortes ont stationnés en Moesia….Dont la Cohors I Aquitanorum.

9 cohortes et 5 « alae » étaient stationnées en Germanie. Ces unités auraient participées à la première expédition de Domitien contre les Daces de Décébale…Dont la Cohors I Aquitanorum.

The « origo » de Valérius Pudens suggère que la Cohors I Aquitanorum a pris part à la guerre de Néron contre les Parthes…, avait été envoyée en Dalmatie…


Robert J.Rowland, assure quant à lui, que cette unité était bien en Sardaigne ! Mais rien ne le prouve réellement !

Comme nous l'avons déjà vu, ces vétérans ont très bien pu finir leur vie sur l'ile, retourner dans leur village natal, ou sont revenus pour causes médicales (blessures ou handicaps).
Ces trois tombes semblent datées de l'époque de Tibère, elles « discréditeraient » la thèse de la présence de cette cohorte en Britannia et en Germanie (un peu tôt).

De même, ont été retrouvées des tombes d'auxiliaires de la III Aquitanorum toujours en Sardaigne mais semblent antérieurs aux autres, et cette unité aurait surtout servi à la mission de maintien de l'ordre , ou peut-être source de recrutement dans les premières années de l'Empire.

En fait, comme nous le voyons, plusieurs unités portaient le nom de Cohors Prima Aquitanorum. Etaient-elles 2 ou 3 ???

Toutefois, l'unité stationnée en Germanie semble différente puisqu'elle porte aussi le nom ou le titre de veteranorum. Il est suggéré ici que les « vétérans » étaient surtout utilisés sur le limes germain.

Les activités de la Cohors I Aquitanorum en Britannia se limitent à 3 places, Brough, Backewell et Carrawburg avec quelques missions en Germanie…

La stèle de Marcus Valérius Speratus stipule qu'il est mort aux commandes en « Bretagne bleue « et cette cohorte était connu comme étant la cohors Prima Aquitanorum vétérana de Germanie supérieur.

Il est donc accepté que la Cohors Prima Aquitanorum divisait son temps entre l'Angleterre et la Germanie supérieur. Sa « carrière » au fil du temps reste « simple ».

Elle a été crée par Auguste, et aurait servi dans les premières années du 1er siècle ap.JC en Sardaigne.
Elle a pris part ensuite à l'invasion de l'Angleterre en 43 Ap.JC, mais semble revenue en Germanie peut-être lorsque la legio XIIII Gemina a été appelée pour l'expédition de Néron dans l'Est , ou lorsque 8000 hommes ont été rappelés sur le continent par Vitellius en 69 ap.JC .(Tacite ; Historiae II,57). Si c'est le cas, cette unité semble avoir été surnommée Britannica comme l'atteste la tombe de Cremma (IGR iii 396), afin de la distinguer des autres unités servant en Germanie.

Durant la période des Flaviens, elle stationne en Germanie et peut-être à Friedberg.
Si cette unité est correctement identifiée comme « veterana », il semblerait qu'une partie d'entre elle a été appelée par Hadrien pour construire le fameux mur, et le fort de Carraawburgh en 130 ap.JC. Cette «vexiliation » est peut-être revenue en Germanie en 134.
Puis est de nouveau retournée en Angleterre pour construire Brough-on-Noe en 158 ap JC avant ou après une expédition en Ecosse. Elle retourne sur le Rhin puis revient en Angleterre au IV siècle pour défendre le « rivage saxon », à Brancaster.


A la vue de ces quelques lignes, il semblerait que deux cohortes portaient le nom de la Cohors Prima Aquitanorum, bien que le dédoublement de cette unité ne soit pas exclue ! Mais quel est l'intérêt de diviser en deux une cohorte de 500 hommes ou de 1000 hommes ?







COHORS I AQUITANORUM BITURIGUM


A la vue des différents diplômes retrouvés, il semblerait qu'il y est eu deux cohortes bien distinctes, la I Aquitanorum Biturigum et la I Biturigum. Les Bituriges sont Aquitains.

De nombreuses traces archéologiques situent sa présence à Langenheim entre 180 et 192 ap.JC sous le règne de Commode.

Après plus aucune trace, il semblerait qu'elle a disparu au cours de la bataille de Lyon (guerre civile) en 197.


En Bref, écoutons Marcus :

"Je me nomme Marcus Iunius Iovinianus, soldat de la cohors I Aquitanorum.

Cette unité tirait son nom de l'une des trois grandes provinces gallo-romaines établies par Auguste vers 16-15 avant notre ère, appelée Gallia Aquitania. Il est cependant difficile de savoir si ses effectifs trouvaient leurs origines du temps de l'Indépendance, auquel cas elle changea son nom au début de l'Empire, ou s'ils faisaient partie de ces nouveaux contingents purement gallo-romains.

Quoi qu'il en soit, la cohors I Aquitanorum fut l'exemple parfait de la mobilité qui caractérisait les armées romaines, et en particulier de ses auxiliaires :

D'abord cantonnée en Sardaigne, elle fut ensuite rappelée pour participer à la conquête de la Germanie libre. Nous ne pouvons dire si elle était déjà présente lors des premières campagnes de Drusus entre 12 et 9 av. J.-C.. Par contre, nous pouvons être certain qu'elle faisait partie de l'armée de Germanicus entre 14 et 16 ap. J.-C., sous le règne de Tibère, car elle constituait alors la garnison d'un camp qui avait été construit pour l'occasion en avant du Rhin, prés de Mayence, à savoir Friedberg. Ce fut à la suite de la victoire de Germanicus que l'empereur, qui avait peur de la puissance de son général, ramena toutes ses troupes le long du Rhin, formant ainsi les prémisses du futur limes fortifié de Germanie romaine. Mais l'unité put aussi avoir été sollicitée pour la grande offensive de l'empereur Caligula en 40 ap. J.-C..
Nous savons en tout cas qu'elle resta dans le district de Germanie supérieure au moins jusqu'en 82 ap. J.-C., date d'un diplôme militaire qui accordait la retraite à une partie de ses effectifs, qui avaient servis dans la région (CIL XVI, 28, retrouvé à Debelec, en Moesia inferior). Elle participa peut-être alors à la conquête des Agri Decumates (Champs Décumates, entre Rhin et Danube) en 89 ap. J.-C., sous le règne de Domitien, où elle fut affectée à la construction du camp de Stockstadt (remarque : les inscriptions retrouvées sur ce site ne peuvent être précisément datée, et cela reste alors une supposition).

Elle partit ensuite de l'autre côté de la Manche, en Britannia, pour être affectée à Brocolitia (Carrawburgh), pour la surveillance du Mur d'Hadrien, dont les vestiges servent actuellement de frontière entre l'Angleterre et l'Ecosse. Par la suite, nous ne pouvons savoir si elle participa à proprement parlé aux campagnes d'Antonin (138-161 ap. J.-C.), qui permirent d'avancer pour un temps la frontière au nord de l'île, car plusieurs inscriptions attestaient alors son déplacement vers des camps situés à l'intérieur de l'île (Navio/Brough-on-Noe, Bakewell, Ratae Coritanorum/Leicester). Un peu plus tard, vers 230 ap. J.-C., sous le règne de Sévère Alexandre, elle fut finalement chargée de la garnison du camp de Branodunum (Brancaster), situé sur le littoral de l'actuel Norfolk, au Nord de Londres, pour faire face à la menace des Saxons.
Enfin, sous le Bas-Empire, elle fut renvoyée en Germanie supérieure (à Zellhausen/Arnsburg), le long du limes rhéno-danubien, pour protéger cette route vers la péninsule italienne et le Nord de la Gaule des menaces barbares."



COHORS II AQUITANORUM equitae alias COHORS II BITURIGUM


Unité de cavalerie, déduction faite de part les diplômes retrouvés. Stationnée d'abord en Germanie puis en Raetia vers 125 ap.JC.


Cohors III AQUITANORUM equitata ciuium Romanorum

Cette unité a stationnée à Osterburken, Wimpfen et Neckarburken jusqu'au 3ième siècle.

Crée par Claude, levée parmi les tribus aquitaines pour seconder les légions et autres unités auxiliaires en Germanie lorsque qu'il a envoyé les soldats d'infanterie pour l'invasion de la Bretagne bleue ».

Ces cavaliers étaient recrutés en Sardaigne durant le début du 1er siècle AP JC où elle y a été stationnée.
Son arrivée en Germanie ne nous est pas connue, mais il semble qu'elle fut stationnée le long de la vallée du Rhin, Stockstadt ou Obernberg, avec comme objectifs de construire des tuiles pour les baraquements de forts. Peu après, elle posté dans un fort à Wimpfen, sur le limes, dans les années 83/85. Le fort de Necckarburken semble lui aussi avoir été construit par cette cohorte et occupée par celle-ci à partir du milieu du second siècle ap.JC.

© Pixures - Jacques Maréchal


LA COHORS IIII AQUITANORUM equitata cuium Romanurum


Unité stationnée sur le Limes du Rhin (Obernburg / Friedberg). Levée parmi les aquitains.

A noter la stèle d'un certain Niger (ST Lizier) : celui-ci était déjà citoyen romain bien avant la fin de son service, statut qu'il a chèrement obtenu en devenant centurion (nommé par Tibère en personne !)